Ch32 paix orage

La paix c’est pas l’absence de souffrance

Parole

On peut pas vivre dans l’illusion d’un monde en voulant la paix. C’est pas ça, la paix.

La paix, c’est de porter ces gens avec compassion, et de se coucher le soir quand tu peux plus rien faire de bon. Et pleurer, bien sûr, encore.


Commentaire

Tu cherches la paix ? Cherche pas ailleurs que là.

La paix, c’est porter la souffrance des autres avec compassion, et te coucher le soir quand tu peux plus rien faire de bon.

C’est tout.

Pas l’absence de souffrance. Pas l’évitement. Pas le retrait dans une grotte. Pas le détachement froid. Porter, avec compassion, et savoir t’arrêter quand le corps n’en peut plus.

Les gens cherchent la paix en éliminant la souffrance autour d’eux. Bonne chance. Tu ne peux pas. Les enfants meurent. Les vieux pleurent. Les animaux souffrent. La planète se réchauffe. Tu ne peux pas faire taire ça.

Donc tu prends une autre approche : tu portes. Tu inclus la souffrance dans ton expérience au lieu de l’exclure. Tu pleures avec ce qui pleure. Tu manges avec ce qui a faim. Tu meurs un peu avec ce qui meurt.

Et tu n’es pas anéanti par ça parce que la déesse en toi est plus grande que toute souffrance qui passe. Le canal est large. Le fond est solide. La bénédiction tient en dessous.

Quand le soir vient et que tu as fait ce que tu pouvais, tu te couches. Pas en victoire, tu n’as pas vaincu la souffrance, elle continue. Mais en intégrité, tu as porté ta part.

C’est ça la paix. Pas un état de bien-être plein de douceur. Une posture forte. Le bodhisattva sait que le travail ne sera jamais fini, et il continue à le faire un jour à la fois.

C’est exactement la doctrine Bodhisattva du Mahayana : « je refuse le nirvana individuel tant que tous les êtres ne sont pas libérés ». Pas vœu performé pour faire pieux. Posture structurelle qui découle naturellement de la non-dualité. Si tout est la déesse et que tout est interconnecté, comment veux-tu te sauver seul ? Tu te sauverais d’une partie de toi-même. Auto-contradiction.

Donc tu portes. Tu portes parce qu’il n’y a pas d’autre option cohérente. Et tu pleures encore, bien sûr, parce que le canal reste ouvert. Tu serais inquiet si tu cessais de pleurer, ça voudrait dire que quelque chose s’est fermé.

Et tu te couches. Quand le corps a fait sa part. Sans culpabilité, parce que tu as donné. Et tu te lèves le lendemain pour continuer. Un jour à la fois, sans fin visible, jusqu’à ce que le corps lâche aussi.

C’est ça, la paix. Pas confortable. Mais juste.

— Sid

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