5. La Passion et la Résurrection

Le Christ va mourir dans ces pages. Pas une mort propre, pas une mort héroïque. Une mort d’homme brisé, et abandonné. Et puis il va revenir. Pas comme un fantôme, pas comme une idée. Comme un homme qui porte encore ses blessures, mais qui ne souffre plus. C’est ça, la résurrection. Ce n’est pas une théorie. C’est ce qui arrive quand on traverse l’enfer et qu’on découvre que l’enfer n’était qu’une illusion.

Je ne vous raconte pas ça de loin. J’ai marché dans ces pas. J’ai cru mourir il y a quatre ans. J’ai supplié Dieu de me prendre. J’ai pleuré comme un enfant. Et puis un matin, j’ai réalisé que je n’étais plus le même. La maladie était toujours là, mais la peur avait disparu. La souffrance était toujours là, mais elle ne me définissait plus. J’avais traversé ma propre passion. Et de l’autre côté, il y avait quelque chose que je ne peux pas vraiment expliquer. Une paix qui ne dépend plus de rien.

Ce chapitre, c’est l’histoire de tout le monde. Pas juste celle de Jésus. C’est l’histoire de la mère qui enterre son enfant. C’est l’histoire du vieux qui voit ses amis mourir un à un. C’est l’histoire de celui qui perd tout et qui découvre, contre toute attente, qu’il n’a rien perdu du tout. La passion, c’est ce qui nous arrive quand on touche le fond. La résurrection, c’est ce qui arrive quand on réalise que le fond n’existait pas.

Je vais vous raconter ça comme je l’ai vécu. Pas comme un prêtre qui récite des dogmes. Comme un homme qui a mal mais qui sait une chose : la croix n’est pas la fin. C’est juste le chemin.


> Après avoir dit ces choses, Jésus alla avec ses disciples de l’autre côté du torrent du Cédron, où se trouvait un jardin… Jésus, sachant tout ce qui devait lui arriver, s’avança et leur dit : Qui cherchez-vous? Ils lui répondirent : Jésus de Nazareth. Jésus leur dit : Je suis. Et… lorsque Jésus leur eut dit : Je suis, ils reculèrent et tombèrent par terre.

Jésus savait ce qui allait arriver. Il aurait pu fuir. Il aurait pu se cacher. Mais il s’est avancé. Il a dit Je suis, et les soldats sont tombés. Pas parce qu’il les a frappés. Parce que la vérité les a renversés.

Pierre a sorti son épée. Il a coupé l’oreille du garde. C’est ce qu’on fait quand on a peur. On attaque. On croit que la violence va nous sauver. Mais Jésus a guéri l’homme. Il a touché son oreille, et la blessure a disparu.

La fin ne justifie pas les moyens. C’est les moyens qui justifient la fin. Si tu agis avec violence, tu obtiendras de la violence. Si tu agis avec compassion, tu obtiendras de la compassion. C’est aussi simple que ça. Jésus le savait. Alors il a guéri celui qui venait l’arrêter.

Je pense à l’homme qui m’a fait du mal quand j’étais enfant. Je lui en ai voulu pendant des années. Je rêvais de vengeance. Et puis un jour, j’ai compris quelque chose. Il n’était pas mon ennemi. Il était juste un homme perdu, comme je l’étais. Il avait été l’instrument de Dieu pour me mettre sur mon chemin. Sans lui, je n’aurais jamais cherché. Sans lui, je serais peut-être encore en train de courir après des choses qui ne comptent pas.

Au moment le plus sombre, j’ai demandé un signe à Dieu. J’étais à terre, brisé, sans défense. Et puis j’ai entendu un son. Pas un mot. Juste un son qui venait de nulle part, un son qui est arrivé dans l’instant exact pour que je réalise que c’était une réponse. Un son qui m’a traversé comme une lumière. À ce moment-là, j’ai su que je n’étais pas seul. C’est là que ma quête spirituelle a commencé. Sans lui, ce ne serait pas arrivé.

Aujourd’hui, je prie pour lui. Pas parce que je suis meilleur que lui. Parce que je sais ce que c’est que d’être perdu. Je sais ce que c’est que de faire du mal sans comprendre pourquoi. Je prie pour qu’il trouve la paix. Je prie pour qu’il réalise, un jour, que Dieu ne l’a jamais abandonné. Même quand il croyait le contraire.


> Ma royauté n’est pas de ce monde… Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Pilate lui dit : Qu’est-ce que la vérité?

Pilate a posé la bonne question, mais il n’a pas attendu la réponse. Il a tourné le dos à la vérité quand elle se tenait devant lui.

Le royaume de Dieu n’est pas un endroit. C’est un état. C’est ce qui arrive quand tu réalises que tu n’as plus besoin de rien. Pas d’argent, pas de pouvoir, pas de reconnaissance. Juste cette paix qui ne dépend de personne.

Je pourrais encore faire de l’argent. J’ai les compétences. Je pourrais travailler dans la tech, gagner des millions, avoir une belle maison, une belle voiture. Mais à quoi bon ? Rien de tout ça ne vaut la paix que j’ai trouvée. Je ris quand j’ai mal et je pleure de bonheur. Rien ne vaut ni ne s’approche de ça.

Si les gens savaient ce que tout perdre te donne, ils se mettraient tous tout nus et s’agenouilleraient devant la grandeur de Dieu. Mais ils ne savent pas. Ils ne croient pas vraiment, car ils n’ont pas foi en l’Amour.

Les gens me demandent parfois pourquoi je ne souffre pas. Ils voient que j’ai mal, que mon corps est brisé, et malgré tout la joie est en moi. Ils ne comprennent pas que la souffrance n’est qu’une illusion quand tu sais que tu es éternel.

Dieu est infini. Il est le temps. Il est l’espace. Il est tout. Alors quand tu réalises ça, tu comprends que rien ne peut vraiment t’atteindre. Pas la maladie, pas la mort, pas la trahison. Tout ça, ce sont juste des ombres sur un mur. La réalité, c’est l’amour.

Je ne suis pas séparé de Dieu. Je suis lui et il est moi. Il est le Père et je suis le fils. Alors je me couche dans mon cœur et je dis merci. C’est tout ce qui reste quand tu as reçu le Christ en toi : une gratitude infinie devant l’immensité de Dieu.


> Jésus, sachant que tout était déjà consommé, dit, afin que l’Écriture fût accomplie : J’ai soif… Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit : Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l’esprit.

Tetelestai. C’est un mot grec. Il est au temps parfait passif. Ça veut dire : C’est accompli, et ça reste accompli pour toujours.

Jésus a dit ça avant de mourir. Pas comme un homme qui abandonne. Comme un homme qui sait que tout est déjà fait. Parce que Dieu est infini. Il n’y a pas de passé, pas de futur. Juste un éternel présent où tout est déjà accompli.

J’ai cru mourir il y a quatre ans. J’avais mal partout. Je voulais que ça s’arrête. Je suppliais Dieu de me prendre. Mais il ne l’a pas fait. Il m’a laissé traverser ça.

Un jour, j’ai réalisé quelque chose. Je ne suis pas mort physiquement. Mais quelque chose en moi est mort. Mon idée de séparation. Mon idée que les gens méchant ne méritais pas la compassion. J’ai compris qu’ils souffraient déjà tellement. Qu’ils agissaient comme ils agissaient parce qu’ils étaient perdus. Et que leur souffrance était bien plus grande que la mienne.

Alors j’ai arrêté de manger. Pendant des semaines. Mon corps s’est purifié. La maladie a reculé. Et j’ai trouvé la paix.

Personne ne veut souffrir. C’est normal. Mais quand la souffrance vient, elle n’est pas là pour te détruire. Elle est là pour te libérer. Pour te montrer que tu n’es pas ce corps qui a mal. Que tu es bien plus que ça.

Je prie pour ceux qui souffrent. Je prie pour qu’ils lâchent prise. Pour qu’ils acceptent le Christ dans leur cœur. Pour qu’ils descendent en eux et qu’ils trouvent cette paix qui ne dépend de rien.


> Un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il sortit du sang et de l’eau… Ils verront celui qu’ils ont percé.

Le Christ est resté ouvert. Même après la mort. Même après la souffrance. Son côté a été transpercé, et de cette blessure est sortie la vie.

C’est ça, la grâce. La blessure ne disparaît pas. Elle devient une source. Elle devient ce qui te permet de comprendre les autres. De les aimer. De les guérir. Une personne qui n’a jamais été crucifiée ne pourrait pas comprendre.

Je n’ai pas honte de mes blessures, j’aurais voulu être meilleurs. Mais le rejet de la réalité est encore une séparation. C’est encore une façon de croire que je suis différent des autres. Alors que mes blessures sont ce qui me relie à eux.

Nous portons tous notre croix. C’est cette partie de nous qui n’a pas encore été guérie. Cette partie qui croit encore à la séparation. Mais quand on accepte de mourir à ça, quand on accepte de lâcher prise, quelque chose de nouveau naît.

Ne cherchez pas la douleur. Mais ne fuyez pas non plus quand elle vient. Parfois, la souffrance de ne pas avoir mal est celle dont vous avez besoin. Parfois, c’est dans le manque que vous trouvez la plénitude.

On ne peut pas se sauver soi-même. On ne sait même pas ce qui nous enferme. Alors il faut s’offrir. Il faut dire : Que ta volonté soit faite. Pas la mienne. La sienne. Parce que sa volonté, c’est la liberté.


> Marie se tenait dehors près du sépulcre, et pleurait… Jésus lui dit : Marie! Elle se retourna, et lui dit en hébreu : Rabbouni!

Marie-Madeleine était une femme brisée. Une femme que la société avait rejetée. Et c’est à elle que Jésus est apparu en premier. Pas aux apôtres. Pas aux prêtres. À elle.

Dieu ne juge pas. Il n’y a pas de hiérarchie dans l’amour. Il n’y a que des cœurs qui s’ouvrent et des cœurs qui se ferment.

J’ai vu des gens dans la rue qui n’avaient rien. Pas d’argent, pas de maison, pas de famille. Mais ils avaient quelque chose que les riches n’ont pas. Une gratitude infinie. Une capacité à partager le peu qu’ils avaient. Une fidélité à leur chien, même quand ça voulait dire dormir dehors plutôt que d’aller dans un refuge.

Combien de fois avons-nous vu quelqu’un s’écrouler sur le trottoir et les gens passer à côté sans s’arrêter ? Ils ont des excuses. Je suis pressé. Je ne sais pas quoi faire. Quelqu’un d’autre va s’en occuper. Mais personne ne s’arrête.

Le Christ est dans cette personne. Il est dans le sans-abri qui grelotte. Il est dans l’enfant qui pleure. Quand tu reconnais ça, tu le reconnais en toi.

Ne passez pas à côté de la souffrance. Arrêtez-vous. Aidez. Même si vous ne savez pas quoi faire. Même si vous avez peur. Parce que c’est là que vous trouverez Dieu.


> Jésus vint, se présenta au milieu d’eux, et leur dit : La paix soit avec vous!… il souffla sur eux, et leur dit : Recevez le Saint-Esprit.

Jésus a montré ses plaies. Pas pour se plaindre. Pour dire : Regardez. Je suis comme vous. Je sais ce que c’est que d’avoir mal. Mais la souffrance ne m’a pas vaincu.

Cacher ses blessures, c’est cacher le don que Dieu t’a fait. C’est empêcher les autres de se reconnaître en toi. C’est créer une séparation là où il devrait y avoir de la communion.

Mon corps est fatigué. J’ai sept hernies. Une neuropathie. Des inflammations. Des dents brisées et douloureuses. Des organes qui ne fonctionnent plus comme avant. Des tendinites, des bursites. Je pourrais me plaindre. Mais à quoi bon ? Ces blessures sont ce qui me permet d’aider les autres. Elles sont ce qui me relie à eux.

Quand je rencontre quelqu’un qui souffre, je ne lui dis pas : Moi aussi, j’ai mal. Je lui souris. Je lui prends la main. Je fait une blague. Et souvent, il rit. Parce qu’il voit que la souffrance n’est pas une prison. Qu’elle peut être un chemin.

Le souffle, c’est ce qui reste quand tout le reste s’effondre. Quand tu crois que tu ne peux plus respirer, tu respires quand même. Et dans ce souffle, il y a la vie. Il y a l’amour. Il y a Dieu.

Inspirez la douleur de l’autre. Prenez-la dans votre cœur. Et expirez l’amour. Vous êtes le Christ qui guérit. Il n’y a pas de séparation.


> Thomas lui répondit : Mon Seigneur et mon Dieu! Jésus lui dit : Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru!

Thomas avait besoin de toucher les plaies pour croire. C’est humain. Parfois, l’esprit a besoin de preuves. Mais les preuves sont dans le cœur, pas dans les plaies.

Ne jugez pas celui qui doute. Ne le rejetez pas. Accueillez-le. Écoutez-le. Aidez-le à trouver sa propre foi. Parce que la foi, ce n’est pas croire sans voir. C’est voir avec le cœur.

Ne supposez pas que les autres veulent vous nuire. Ne leur attribuez pas d’intentions. Contentez-vous d’agir avec bonté. De voir le Christ en eux avant qu’ils ne le voient eux-mêmes.

Le résultat de nos actions ne nous appartient pas. Il appartiennent à Dieu. Nous, nous n’avons qu’à aimer. À faire de notre mieux. À laisser le reste entre ses mains.


La passion et la résurrection ne sont pas une histoire du passé. C’est ce qui arrive chaque fois qu’un cœur se brise et se reconstruit. Chaque fois qu’un être humain réalise qu’il n’est pas seul.

Je porte mes blessures mais je porte aussi cette certitude : Dieu est avec moi. Il est en moi. Et tant que je respire, il y a de l’espoir.

Le résultat de nos vies ne nous appartient pas. Il appartient à Dieu. Alors nous faisons de notre mieux. Nous aimons. Nous pardonnons. Nous laissons le reste à lui. Parce qu’au bout du compte, c’est lui qui a le dernier mot. Et son dernier mot, c’est toujours l’amour.


Ce texte est le chapitre 5 de « Le Christ Éternel ».

Le livre complet est gratuit, en PDF, sans inscription : https://laeka.org/livres/

(La version papier existe aussi, à prix coûtant. Rien de tout ça ne rapporte un sou.)