2. Dieu est amour

Je me souviens de ma mère, qui gardait toujours les gens dans le besoin chez nous et qui allait passé des semaines chez sa vieille mère qui avait besoin d’aide. Elle ne parlait pas de théologie. Elle incarnais simplement la compassion sans compter. Elle ne citait pas Jean. Elle vivait le verset avant même de l’avoir lu. C’est ça, la chair du Christ : pas une doctrine, mais des gestes qui sauvent, des silences qui guérissent, des regards qui reconnaissent l’autre comme soi-même.

Le chapitre précédent a posé que le Christ est éternel, non-créé, lumière même de l’ego. Maintenant, il faut descendre dans ce que ça change. Pas dans les nuages, mais dans la boue de la vie. Parce que si le Christ est éternel, alors il n’est pas une idée. Il est une présence qui se vit dans l’amour concret, ou il n’est rien. Et l’amour, ça ne se théorise pas. Ça se donne.

Ma grand-mère ne disait jamais qu’elle nous aimais, elle ne nous touchait pas avec tendresse, mais elle était toujours là pour nous, elle aurais fait n’importe quoi pour nous, toute sa vie était tourné vers les autres. L’amour, c’est pareil. On ne le voit pas directement, mais on voit ses effets. Un sourire qui revient. Une main qui se tend. Une colère qui fond. C’est ça, la preuve. Pas dans les livres, mais dans la vie qui circule entre les gens.

Jean l’a compris mieux que personne. Il ne parle pas de Dieu comme d’un juge lointain. Il dit : Dieu est amour. Pas Dieu a de l’amour, non. Dieu est amour. Comme on dit le ciel est bleu. C’est une identité. Une évidence qui change tout.


> Bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit, mais éprouvez les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu ; car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde. Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu… c’est par là que nous reconnaissons l’esprit de la vérité et l’esprit de l’erreur.

L’enseignement qui est vrai a été vécu avant d’avoir été transmis. La Bible et les écrits sont des pointeurs, mais la question, c’est de savoir ce qu’ils pointent. L’enseignement de Jésus a de la valeur parce qu’il parle de compassion, même dans la souffrance, quand ça fait mal.

Prenez la parabole de la joue tendue. Ce n’est pas une règle morale. C’est une invitation à rester ouvert quand ça fait mal. Pas en se sauvant, pas en se mettant en colère, mais en ouvrant les bras et en disant merci. Sans juger mentalement. Sans dire « je mérite pas ça », mais en ayant de la gratitude pour cette souffrance qui purifie l’ego, qui dissout les obstructions mentales qui nous éloigne de l’amour.

Dieu est infini. Donc il est aussi la souffrance que tu vis. Jusqu’à ce qu’elle ne soit plus souffrance, mais gratitude, amour et compassion pour ceux qui souffrent.

Les enseignements désincarnés ont peu de valeur. Ils flottent dans l’intellect, déconnectés du cœur. Parfois inventés, parfois répétés, ils gardent une petite valeur, parce que Dieu est infini, même dans le mensonge. Mais ils n’ont pas la même force que ce qui vient de la souffrance transformée en compassion. De la douleur qui t’apprend que les gens égoïstes souffrent beaucoup.

Remerciez chaque instant, même les plus durs. C’est par l’ouverture que vous comprenez. De toute façon, la douleur est déjà là. La rejeter, c’est augmenter la division entre vous et l’autre, entre vous et le monde, entre vous et Dieu. La conséquence de la fermeture, c’est plus de souffrance et de douleur.

La gratitude est la plus haute forme de prière. Elle ne demande rien. Elle loue Dieu qui est là, sans limite, infini.


> Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres ; car l’amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime point n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour.

L’amour, c’est la non-séparation. C’est se donner à l’autre. Et Dieu est complet, intègre, infini. Donc Dieu est amour.

Quand on donne, on sent Dieu. On est sa main qui donne, et sa main qui reçoit avec gratitude.

Connaître les écritures, c’est bien. Mais elles n’existe que pour pointer vers une seule vérité : aimer l’autre. Prendre soin des plus faibles, des malades, de ceux qui sont enfermés dans leur souffrance. Personne n’a autant besoin d’amour que celui qui n’en a pas à donner.

Pas besoin de grands gestes. Un sourire, une prière, une main pour soutenir, une oreille pour écouter; ce sont de grandes choses, même si elles paraissent petites.

Le résultat ? La séparation avec l’autre diminue. Sa souffrance est partagée. Elle se transforme de poison en nectar, par la compassion, par Dieu.

La pensée qui sépare éloigne de Dieu. Celle qui unit au cœur nous en rapproche.

Parfois, donner fait mal. C’est normal. Cette souffrance était déjà en nous. Elle n’a été que révélée par l’acte d’aller vers l’autre. À ce moment-là, il faut se souvenir que Dieu est infini. Accepter la souffrance comme sa lumière, qui purifie notre esprit jusqu’à ce que la paix nous pénètre.

Alors on réalise que Dieu est infini, qu’il se manifeste sous une forme masculine ou féminine. Le paradis apparaît quand on marche avec le Christ qui est toujours en nous. Peu importe qu’on marche dans la boue ou sur une route pavée d’or.

Dieu est infini. Toute préférence sépare le paradis de l’enfer. Chaque événement est parfait dans son imperfection, parce que chaque événement est la parole de Dieu qui s’exprime. Et qui est.


> L’amour de Dieu a été manifesté envers nous en ce que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui. Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés…

Le péché, c’est juste une action qui nous sépare de notre cœur. L’enfer se vit maintenant, pas demain mais dans le présent. Le futur n’est qu’un autre présent, qui sera vécu plus tard.

Dieu est amour infini. Il n’a pas de préférence pour personne. Il est dans l’air, dans le soleil, dans l’ADN. Aucune limite ne peut le contenir. Tu ne peux pas vraiment t’éloigner de lui. Tu peux seulement imaginer que tu t’en es éloigné. Et cette illusion te fait souffrir, parce que tu te sens seul.

L’enfer est en nous. Il faut simplement réaliser que la séparation est une illusion pour en sortir. Accepter l’autre et la vie comme une partie de nous. C’est par ce saut vers l’autre qu’on rejoint mentalement Dieu, qui est aussi le bonheur et la paix, sans limites ni préférence.

Prenez un exemple simple. Une pluie froide, alors que vous aviez chaud. Si vous êtes ouvert, vous allez dire « wow, ça fait du bien », et vous serez heureux. Mais si votre esprit est endormi, la même pluie va créer une séparation. Vous allez dire « non, c’est pire, je suis pas content, Dieu m’aime pas, ou qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ».

C’est la préférence qui nous éloigne du bonheur.

La solution ? Accueillir tout événement comme un cadeau. Dire « ouf, ça c’est froid, ok, c’est un signe que je dois marcher plus vite si je veux pas geler pour vrai. Merci pour m’avoir réveillé ».

L’enfer est en nous. Chaque possessivité, chaque rejet, chaque jugement nous le fait vivre. Le travail, c’est d’apprendre à penser autrement. Pour réaliser que tout est parfait. Que ce qu’on croyait être un enfer est en fait le paradis.

Le paradis et l’enfer sont en nous. C’est une question de regard. De croyances. Personne ne va au paradis ou en enfer dans un futur illusoire. On fait apparaître l’un ou l’autre, selon ce qu’on pense.


> Personne n’a jamais vu Dieu ; si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est parfait en nous… Dieu est amour ; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.

On n’est pas venus ici pour rien. La réalisation de Dieu se fait dans la matière, par l’expression vers l’autre de ce qu’on a en nous. C’est la seule façon de comprendre ce qu’il y a en nous.

Les épreuves servent à ça. Elles font sortir ce qui est refoulé comme la colère et la peur. Et c’est ainsi qu’on peut les voir pour ensuite les transformer en acceptation et en compassion.

Les églises et les temples concentrent l’amour. C’est utile pour une personne isolée. Elle est pénétrée par tant de compassion que sa souffrance peut se dissoudre plus facilement. Mais ce n’est pas la bâtisse qui transforme. C’est l’amour des gens qui sont là, avec une intention commune : rejoindre Dieu, le Christ en eux, et l’exprimer.

C’est un bon exercice. Ça muscle la compassion. Mais au final, votre vie doit être votre église. Chaque instant, chaque rencontre, chaque événement où vous percevez une séparation est un moment parfait pour exprimer l’amour infini.

Souvenez-vous : vous êtes des jardiniers. Vous plantez des graines de compassion et vous les arrosez. Vous ne jugez pas quelle graine mérite plus d’attention. Vous ne savez pas laquelle poussera. C’est le futur, et ça ne vous appartient pas. C’est dans les mains de Dieu.

On est là pour donner sans attente. En sachant que ce qui doit arriver arrivera. La bonne graine poussera. Tout est déjà accompli.

La paix de Dieu se vit dans le moment, pas dans l’attente d’un futur illusoire. Sinon, une distance se crée, et la souffrance apparaît.

Nous réalisons que tout est parfait quand on agit avec compassion.


> L’amour est parfait en nous… Il n’y a point de crainte dans l’amour, mais l’amour parfait bannit la crainte ; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour.

La peur est un doigt qui pointe une séparation. Elle est utile, parce qu’elle montre que l’esprit se croit séparé. Elle permet à l’intellect de s’aligner sur le cœur.

Mais attention. On ne connecte pas le cœur sur l’intellect en se demandant « est-ce que je mérite l’amour ? ». On connecte l’intellect sur le cœur en disant « j’ai peur, donc j’ai besoin de me rapprocher de mon cœur, de l’amour de Dieu ».

La peur vient toujours de la séparation qu’on perçoit. En se connectant à son cœur, elle devient amour. Et en même temps, la pensée de séparation se transforme en pensée qui unit.

Le cœur est la voie. C’est en le suivant qu’on retrouve l’amour, qui est Dieu. Qu’on devient le Christ vivant.

Ce n’est pas toujours facile. La pensée va faire apparaître une peur : « mais je vais manquer d’argent si je donne à celui qui me demande ». Cette peur montre que vous êtes séparé de la confiance. En donnant à l’autre, vous changez cette pensée en « je manquerai pas de rien. Je suis capable de gérer avec ce que la vie qui est le don de Dieu va me donner ».

Ainsi, vous laissez le Christ grandir en vous.

C’est ça que voulait dire Jean-Baptiste : « Il faut qu’il grandisse, et que je diminue ». Laisser la séparation et la peur rapetisser, pour que le Christ, la confiance et l’amour grandissent.

« Tout ce que vous faites au plus petit d’entre vous, c’est à moi que vous le faites. » Agissez avec chaque personne comme si c’était Jésus. Ou comme si c’était votre propre cœur. Sinon, vous restez dans l’enfer de la séparation. Pas dans le futur mais dans le présent.

Jusqu’au moment où la peur disparaît. Où le paradis apparaît.

Choisir entre la peur et l’amour, pour vivre l’enfer ou le paradis est un don que Dieu nous a fait. L’enfer et le paradis ne sont pas dans un futur lointain. Ils sont là, derrière la prochaine décision.

Dieu est amour. Il vous redonnera toujours la possibilité de faire un nouveau choix. De confronter la même peur, jusqu’à ce qu’elle ne soit plus en vous.

Le paradis est ici, maintenant. Il suffit de reconnaître que l’amour est le paradis. Et de le choisir.


> Nous, nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier. Si quelqu’un dit : J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur ; car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ?…

Tu ne peux pas aimer Dieu s’il y a la moindre petite chose que tu n’aimes pas. Parce que Dieu est infini. Si tu rejettes un événement, une personne, une partie de la création, tu es dans l’erreur. Tu n’aimes pas Dieu. Tu aimes ta définition de Dieu.

Tu aimes peut-être la paix, la gentillesse, la bonté. Mais ces valeurs ne sont pas Dieu dans sa totalité infinie, sans limite ni séparation.

Le travail, c’est de faire descendre l’intellect dans le cœur. De voir le monde et les événements comme des expressions de Dieu. Ils sont là pour te montrer où tu vois encore des séparations. Quelle partie de la création tu ne reconnais pas comme étant l’éternel.

L’illumination ne vient pas facilement dans l’isolement. L’isolement n’est qu’un moment de répit. Elle vient dans l’interaction avec le monde. D’ailleurs la souffrance apparaît si tu t’isoles trop longtemps. Dieu est là aussi et il te montrera que tu te sens en enfer, par la souffrance émotionnelle ou même la maladie. Jusqu’à ce que tu reconnaisses cette séparation. Jusqu’à ce que tu retournes vers le monde pour lui donner ton amour.

Prendre soin des autres qui sont malades, c’est plus facile que d’être malade soi-même. Mais parfois, on ne peut pas faire autrement. Et ça aussi, c’est parfait. C’est juste plus difficile. Mais on ne peut rien y faire. Alors on souffre. Jusqu’à ce qu’on comprenne. Jusqu’à ce qu’on réalise qu’on créé notre propre souffrance. Et on arrête de souffrir.

Au final, c’est son amour dans toutes ses expressions. Sans aucune séparation.


Ce texte est le chapitre 2 de « Le Christ Éternel ».

Le livre complet est gratuit, en PDF, sans inscription : https://laeka.org/livres/

(La version papier existe aussi, à prix coûtant. Rien de tout ça ne rapporte un sou.)